Assemblé générale Énergie Citoyenne en Touraine

Le 5 juin 2019, nous étions présents à l’assemblé générale d’Énergie Citoyenne en Touraine, association qui a financé la mise en place d’une installation photovoltaïque sur le toit du lycée Vaucanson, à Tours. Lors de son lancement, ce projet avait pour vocation de devenir une SCIC avec un système de part social ouvert au citoyen pour son capital dont nous sommes devenu actionnaire pour une meilleure compréhension du projet

Le passage à un statut d’entreprise a été abandonné, rendant la notion de capital social caduque. Les contributeurs deviennent des prêteurs à durée indéterminée, mais ce prêt n’est pas équivalent à une adhésion permanente, le paiement annuel de la cotisation est donc le seul moyen de participer aux assemblés décisionnelles. Aujourd’hui se pose également la question de la gestion de l’argent prêté par les contributeurs, surtout dans le cas de personnes s’étant éloignées du projet. Un remboursement est possible sur demande 5 ans après la prise de part social, échéance qui est arrivée pour les premiers participants. Faut-il aller vers les personnes concernées pour leur proposer de choisir ou laisse-t-on un statut quo en l’absence de demande manifeste ? La réponse à cette question ne semble pas évidente.

Néanmoins, l’association est plutôt satisfaite d’avoir conservé son statut, mettant en avant l’impossibilité d’un quelconque profit pour les contributeurs. Plusieurs membres pensent en effet que l’absence de réussite de nombreux projets vient d’une approche de financement avec rémunération des contributeurs, grevant la dynamique citoyenne.

Concernant l’installation, celle-ci a présenté des performances légèrement plus élevées que prévu pour sa première année de fonctionnement. La production peut être suivie en direct sur le site Solaredge qu’on peut consulter pour voir des résultats de terrain.

Image de l’installation ( http://www.info-tours.fr)

Exemple de page sur https://monitoringpublic.solaredge.com
(cas Vaucanson)

Suite à la réussite du premier projet, de nouveaux contributeurs se sont manifestés et ont acheté des parts bien qu’aucun second projet ne soit sûr pour le moment. Trois pistes sont étudiées, d’une part avec Velpeau en Transition (recherche de toit commencé), à St Pierre des Corps avec l’école démocratique (achat des locaux en cours), et à Joué-lès-Tours sur demande de membres de l’association (recherche de toit en cours). Les contributions reçues actuellement pourront servir à compléter un de ces projets en cas de manques lors de la mobilisation citoyenne locale.

Pour ce second projet, la question de l’autoconsommation a été abordée mais non retenue. En effet, un tel fonctionnement impliquerait que l’énergie produite par l’installation Énergie Citoyenne en Touraine serait revendu aux propriétaires du bâtiment, ce qui est impossible dans l’état actuel des choses. Cette approche ne semble adaptée que pour le cas où l’installation et le bâtiment appartiennent à la même personne.

La question a été posée de savoir ce que pourrait subventionner la région. Une discussion est en cours de leur côté, avec une idée d’une subvention en équivalence 1€région pour 1€citoyen investi.

L’association fait aujourd’hui face à un manque d’engagement au niveau décisionnel, avec seulement 9 personnes au CA pour 22 postes disponibles.

Éléments de synthèse :

Le projet manque d’engagement au niveau décisionnel, c’est apparemment commun à beaucoup de projets citoyen, notamment dans le cas d’une transformation en SCIC. Le projet est plutôt un succès, et son développement apparaît comme devant être soutenu. Pourtant il est a noter que l’expérience n’a pas été menée jusqu’au bout en termes d’énergétiques, avec une méconnaissance notable des consommations du bâtiment alimenté de fait par l’installation. De même, une diversification des centres d’intérêts, avec l’intégration d’une réflexion sur l’isolation des logements ou la précarité énergétique, pourraient permettre de développer une nouvelle dynamique citoyenne, au-delà de la mise en place d’une installation productrice par quartier. Voir pour cela sujet, Energ’éthique04.

Le sujet de la transformation en SCIC non aboutie nous semble très intéressant à réfléchir car on le retrouve dans d’autres expériences (Comptoir de Villaines, la Gabare…) restées au stade d’association. Il semble que l’énergie investie, le besoin d’expression et d’action relèguent au second plan le projet de structuration économique. Il apparaît aussi que le concept d’économie solidaire soit lui même relégué au second plan. L’association avec ses normes de création et d’action apparaît elle-même en difficulté au profit de structures plus informelles, néanmoins actives et productives, comme les collectifs citoyens (Chinonais Environnement par exemple). L’aspect économique trouve plus facilement sa solution ponctuelle dans le financement participatif ou l’appel à don.