Le crime contre l’humanité

TitreLe crime contre l’humanité
AuteurAndré Frossard
Type de documentLivre
Date de parution1/10/1987 éd Robert Laffont
Duréelivre de poche 124 pages

Note de lecture:

André Frossard témoigne lors du procès Barbie à Lyon du 11 mai au 3 juillet 1987.

Sa déposition portait sur le martyr du professeur Gompel et sur « le crime contre l’humanité ». Il montre le genre de crime pour lequel il ne saurait y avoir de prescription.

Enfin, il montre quels dangers de crimes contre l’esprit menacent la société de demain. Il anticipe sur nos inquiétudes actuelles et pose en perspective du « crime contre l’humanité » les crimes de la société thermo-industrielle et libérale, du lobbying et des experts en manipulation.

« Car si le volcan de la haine raciste ne laisse échapper que quelques fumerolles éparses, il n’est pas éteint. Et ce mépris de l’homme qui est à l’origine des crimes nazi, on en relève des traces ailleurs, dans l’archipel du Goulag, dans certaines expériences génétiques, dans l’exploitation industrielle du fœtus l’indifférence totale, dans le trafic d’enfants à naître, dans l’indifférence totale des fabricants de pollution, dans l’immoralité consciente ou inconsciente des experts en manipulation psychologiques. »

Il termine sur ces mots « Enfants, soyez vigilants, enfants, méfiez-vous. »

Résumé :

Le témoignage d’André Frossard, résistant, catholique, à la cour d’assises de Lyon a constitué l’un des temps forts du procès de Klaus Barbie. André Frossard a vécu l’enfer durant la guerre dans la ‘baraque aux juifs’ du fort Montluc à Lyon. Il a vu ses camarades torturés, emmenés vers la mort, y échappant lui même de peu. Ces souvenirs terribles vis à vis desquels « le temps ne peut rien » il les a rappelé lors du procès de Klaus Barbie devant la cour d’Appel de Lyon durant les années 80 et en a fait l’objet de ce petit livre.
Il donne dans ce livre la définition du « crime contre l’humanité » vis à vis duquel il ne peut y avoir prescription. Il montre que le déshonneur durant la seconde guerre mondiale ne fut pas d’avoir perdu la bataille de France en 1940 sinon la France serait déshonoré depuis Alésia, le déshonneur ce fut d’avoir livré des juifs, des franc-maçons, des résistants, des hommes politiques dans les mains des nazis, d’avoir collaboré à la plus grande entreprise criminelle de l’histoire.
Dans cet ouvrage, la dignité, la hauteur du style, le poids des mots sont à la hauteur des évènements tragiques qu’ont vécu l’auteur et des dizaines de millions de personnes à l’époque. Ce n’est pas seulement un livre de témoignage, mais aussi une oeuvre de réflexion sur le drame que les juifs et l’Europe ont vécu au XXe siècle du fait de cette « seule et même origine : le mépris de l’homme ». Que de souffrances, que de souffrances les contemporains durent subir à cause de la folie de quelques hommes.
En conclusion André Frossard prévient les jeunes générations ; « Enfants, soyez vigilants, enfants, méfiez-vous », car « si le volcan de la haine raciste ne laisse plus échapper quelques fumerolles éparses, il n’est pas éteint ».