Convention citoyenne pour le Climat [1]

La Convention Citoyenne pour le Climat (CCC). Autant dire que je n’étais pas à priori convaincu par le projet, à son annonce par le président Macron il y a 10 mois. Depuis la restitution de leurs travaux, la curiosité et l’honnêteté intellectuelle m’ont poussé à jeter un œil un peu plus fin.

J’ai été déçu par le document de synthèse, qui me semble plus une somme de principes généraux, mais trouvant le rapport complet, je dois reconnaître que j’y trouva plus que je n’en attendais.

Voici le lien pour télécharger le rapport complet : https://propositions.conventioncitoyennepourleclimat.fr/pdf/ccc-rapport-final.pdf

Ce rapport est plutôt épais, et honnêtement dure à digérer en entier, je conseille donc de choisir plus particulièrement certaines thématiques qui vous touchent, ou à vous séparer le travail à plusieurs. J’aurais peut-être l’occasion de détailler certains aspects du rendu, mais je voudrais ici faire un retour sur comment aborder ce document, en prenant pour exemple la thématique mobilité.

En première partie de chaque thématique, vous trouver une partie « Le constat et l’ambition » qui résume les enjeux et les propositions du CCC. Ensuite, on entre dans les différentes familles introduites par une note synthétique. C’est dans la partie « Présentation détaillée de l’objectif » que ça devient intéressant.

Si on prend la proposition « Inciter à utiliser des moyens de transports doux ou partagés » on a:

Extrait du rapport de la CCC p 168

Dans cet exemple, on voit que la phrase de synthèse est très vague et que la proposition qui la suit est plutôt précise, puisqu’elle ne décrit qu’un dispositif envisageable dans le développement des transports « doux ou partagés », et notablement plus concrète bien qu’un certains nombres de questions pratiques demeurent.

A la fin de chaque famille d’objectifs, le CCC indique quels acteurs sont concernés par les mesures proposées et comment. Finalement, une dernière partie est consacrée au Conseil Légistique, un groupe de 6 personnes extérieures au CCC, pour donner un avis sur une retranscription possible en droit des différentes propositions.

En conclusion, pour qui souhaiterai utiliser les conclusions du CCC pour l’élaboration d’une pensée ou d’un combat, je conseille de sélectionner les propositions qui l’intéresse et de faire l’effort d’étudier la version détaillée dans le rapport complet, la transcription légistique et, s’il y a, les versions alternatives proposées par les minorités. Ces propositions émanent d’un échantillon de population tiré au sort après 9 mois de travail, difficilement qualifiable comme non-représentatifs des français, nous pouvons leur donner un poids important et gagner de précieuses batailles pour la transition environnementale grâce à elle. Ne laissons pas échapper l’opportunité.

PS : voir aussi les p 423 à 432 sur le financement, j’en ai peu entendu parler mais il y a des points savoureux, à voir dans un prochain article.