Reprendre le temps

Reprise d’un texte personnel écrit à l’été 2015 (si loin déjà), mais qui semble toujours d’actualité :

Version audio :

http://www.blog.parlonsdedemain.com/wp-content/uploads/2020/05/130615_005.wav

Reprendre le temps

Depuis trop d’années, la main sur mes valises,

Je cours, je cours tout le temps, et j’économise

Les instants de ma vie, et aussi mes chemises,

A vouloir trop briller dans milles rendez-vous

De gens parfois intéressants, rarement assez fous.

Je compte mes minutes, et je les optimise

Le temps c’est de l’argent, je voulais grossir ma mise.

De ces quelques années passées, j’ai tiré les leçons

Et si j’avais des notes, j’en ferais une chanson.

La mauvaise fortune est avec vous ce soir

Ce trimestre mon bulletin est arrivé en r’tard.

Si je dresse ce constat, parfois un peu amère

C’est que j’ai des doutes, et qu’au fond je suis fier.

Alors forcément, moi qui voulais l’étoile

Je me pose des questions, quand je la vois si pâle,

Apprenant de mes yeux qu’en la ville lumière

Ne brille que les feux de quelques lampadaires.

Après quelques instants, de stupide colère

Je ramasse mes grolles, et repars en trouvère.

Et oui je me retire de la compétition globale

Passer moi tous devant, cela m’est bien égal.

Aujourd’hui c’est ma vie que j’ai récupéré

Une chose que dans aucun concours je n’ai jamais gagné.

J’abandonne et je fuis tout l’honneur des calculs

En m’asseyant sous un arbre, un bonheur sans scrupules.

Ne croyez pas que ce chemin, je le prends par hasard

Et que je me méprends, à propos d’une vie d’art

Je suis un ingénieur, cela n’a pas changé

Seulement mon cœur, ne s’ra plus partagé.

Par les vents de l’avenir je me laisse porter

Et ne plus jamais, mes sentiments, les courber.

Je veux pouvoir lire, rêver, chanter,

Et au petit matin, voir l’aube se lever

Et si demain je pointe à de noires entreprises

N’allez pas en déduire que m’ont âme pactise

Mais plutôt que je visite comme en un voyage

Ces pays qui sont à l’homme un grand outrage.

Que je m’en vais apprendre toutes leurs mécaniques

Pour affaiblir enfin ces enfers trop cycliques.

Mon cœur jamais ne reprendra ses fers

Car et je l’ai déjà dit, après tout je suis fier