Invitation à la réflexion sur « l’effondrement »

« Pourtant, comment pouvait-on dire que l’Empire galactique se mourait? Il y avait.dix mille ans qu’il existait comme pouvoir reconnu, et deux millénaires de plus où Trantor, capitale du royaume dominant, avait exercé son hégémonie sur ce qui était virtuellement un empire. L’Empire avait survécu aux premiers siècles, quand des secteurs entiers de la Galaxie avaient périodiquement refusé la fin de leur indépendance. Il avait survécu aux vicissitudes qui accompagnaient les rébellions épisodiques, les guerres de succession, et quelques graves périodes de rupture. La majorité des planètes n’en avaient quasiment pas souffert tandis que, de son côté, Trantor croissait régulièrement jusqu’à devenir cette planète entièrement urbanisée qui se nommait elle-même le Monde éternel. » … « L’Empire galactique ne pouvait avoir de fin, pas plus que l’univers, ou bien, si l’univers avait une fin, alors – et alors seulement – ce serait la fin de l’Empire. » Prélude à Fondation Isaac Asimov

La littérature ainsi que le cinéma sont les vecteurs de nos inquiétudes, de nos fantasmes et de nos intuitions. La science fiction peut quelques fois apparaître comme de la prescience. Dans ce cas particulier il s’agit d’une métaphore de l’effondrement de notre civilisation.

Selon l’ex-ministre de l’environnement Yves Cochet, l’effondrement correspond à une situation dans laquelle « les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, mobilité, sécurité) ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi ». La civilisation thermo-industrielle part en morceaux et s’effondre petit à petit comme la banquise qui s’écoule dans la mer avec une faune naufragée. Nos systèmes se dérégulent et notre société se délite petit à petit. Les crises économiques, les blackout électriques, les emballements médiatiques, les tankers de déchets qui se errent d’ouest en est et la crise de l’énergie pétrolière sont autant de signes avant coureurs de la crise globale de notre système.

« La réflexion sur le monde d’aujourd’hui ne peut s’émanciper d’une réflexion sur l’histoire universelle. Les périodes calmes et de prospérité ne sont que des parenthèses de l’histoire. Tous les grands empires et civilisations se sont crus immortels – les empires mésopotamien, égyptien, romain, perse, ottoman, maya, aztèque, inca… Et tous ont disparu et ont été engloutis. » L’abîme ou la métamorphose ? Rencontre avec Edgar Morin cité par Jean-François Dortier